La neige tombait sans répit. J'ai levée les yeux vers le ciel blanc et lourd et j'ai choisi un flocon.
Il avait l'air de tomber plus lentement que les autres , comme s'il ne souhaitait pas atterir. Il avait envie de tomber pour l'éternité. Tandis que j'étais là à l'observer, je me suis sentie deveni parti intégrante de ce flocon.
Je sais que ça a l'air rdicule , mais je jure que c'est la vérité. J'étais là, moi, Emeline,debout devant la fenêtre
en train de contempler le ciel ; et un autre moi, un moi en forme d'étoile, voletait au milieu de la neige. L'air
froi me coulait entre les doigts. J'étais du cristal . Fort, complexe et magnifique. Je ne pesais plus rien. Je flottais. Très haut au-dessus de la terre. Je voyais à des kilomètres de distance. Je voyais la masse grise
de la ville, les usines, les routes lointaines et les voitures, les maisons, les toits, la rue, une gosse qui
regardait par la fenêtre... et même si je n'étais qu'un parmi des millions de minuscules bijoux de glace, moi seule comptais. J'avais pour unique tâche de tomber, ce que j'étais en tran de faire. Libre, à l'aise, sans
crainte, sans rien sentir, simplement tomber doucement dans l'air pour atterir sans bruit sur le toit couvert de neige. Et puis j'ai commencée à fondre. Juste avant que l'obscurité ne soit complète, j'ai regardé la fille à la fenetre. Elle m'a rendu mon regard, elle a passé les doigts dans ses cheveux et elle a disparu.